Les démocrates s’entendent avec la Maison-Blanche pour prolonger le financement de la Gestapo de l’immigration

Jeudi, les démocrates du Sénat ont conclu un accord avec la Maison-Blanche de Trump pour prolonger de deux semaines le financement du département de la Sécurité intérieure, qui comprend l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) et le Customs and Border Protection (CBP), alors que les deux partis se disputent sur des changements symboliques à la politique fédérale d'immigration qui ne feront rien pour abolir ces agences ou mettre fin à leurs opérations illégales et meurtrières.

Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, démocrate de New York, et le sénateur Alex Padilla, démocrate de Californie, au centre à droite, se dirigent vers les journalistes après une réunion à huis clos avec leurs collègues démocrates sur la législation relative aux dépenses, au Capitole à Washington, le mercredi 28 janvier 2026. [AP Photo/J. Scott Applewhite]

Cet accord souligne que le Parti démocrate ne fera rien pour empêcher la croissance de la Gestapo de l'immigration ou s'opposer à l'administration Trump de manière significative. En plus de garantir le financement des mêmes agences responsables des meurtres de Renée Nicole Good et Alex F. Pretti, l'accord ouvre la voie à l'adoption de cinq autres projets de loi majeurs sur les dépenses pour 2026, notamment le financement du ministère de la Défense, du ministère du Travail, de la Santé et des Services sociaux, du ministère de l'Éducation, du ministère des Transports, du Logement et du Développement urbain, et du département d'État.

Surtout, le projet de loi finance le ministère de la Défense jusqu'au 30 septembre. Cela alors que le porte-avions USS Abraham Lincoln fait route vers l'Iran moins de quatre semaines après que l'armée américaine ait illégalement kidnappé Nicolas Maduro et son épouse au Venezuela. Les démocrates, parti de Wall Street et de la guerre, ne feront rien pour mettre fin aux attaques de Trump contre les travailleurs en Amérique ou ailleurs, car ils représentent les mêmes intérêts de classe que Trump et les républicains.

La proposition actuelle supprime le projet de loi de financement existant du DHS, pour laquelle sept démocrates de la Chambre avaient voté la semaine dernière, et le remplace par une résolution continue qui permettra à l'ICE et au CBP de continuer à être financés et à fonctionner avec leurs budgets actuels dans un avenir immédiat. Une fermeture temporaire est toujours probable, car la Chambre devra revenir et voter, mais celle-ci est actuellement en vacances jusqu'à lundi.

Trump a salué l'accord sur son compte de réseau social jeudi, écrivant qu'il « travaillait dur avec le Congrès pour s'assurer que nous soyons en mesure de financer pleinement le gouvernement, sans délai. Les républicains et les démocrates au Congrès se sont réunis pour obtenir le financement de la grande majorité du gouvernement jusqu'en septembre, tout en accordant une prolongation au département de la Sécurité intérieure (y compris la très importante garde côtière, que nous développons et reconstruisons comme jamais auparavant) ».

Le fasciste à la Maison-Blanche a déclaré qu'il espérait que « les républicains et les démocrates donneront un vote bipartite “OUI” très nécessaire ».

Interrogé jeudi soir par un journaliste lors d'une projection à Washington DC, du « film » Melania financé par Amazon, pour savoir s'il envisageait de réduire les opérations liées à l’immigration dans le Minnesota, Trump a répondu : « Non, non, pas du tout ».

Alors que la majorité des personnes se déclarant démocrates et une pluralité d'indépendants soutiennent l’abolition de l'ICE, l'accord à court terme conclu par les démocrates ne prévoit ni l’élimination de l'ICE ou du CBP, ni le retrait de leur financement. Les démocrates du Sénat proposent plutôt un certain nombre de « garde-fous » insignifiants qui ne feront rien pour mettre fin à leurs opérations criminelles. Les propositions avancées par les démocrates comprennent l'obligation pour les agents de l'ICE et du CBP de porter des caméras corporelles et de ne pas porter de masque.

Avant le meurtre de Pretti samedi dernier, les démocrates du Sénat n'envisageaient même pas de s'opposer symboliquement au financement du DHS. Cependant, la manifestation de masse qui a eu lieu vendredi dernier dans le Minnesota et l'élan en faveur d'une grève générale nationale pour abolir la police de l'immigration et traduire les meurtriers en justice ont contraint les démocrates à se poser en opposants à la police de l'immigration.

Les démocrates, avec les médias bourgeois, propagent la fiction selon laquelle la mise à l'écart du commandant en chef de la police des frontières Gregory Bovino et la promotion du « tsar des frontières » de Trump, Tom Homan, représentent un changement de politique et réduisent le danger de dictature. Rien n'est plus loin de la vérité.

Dans une interview accordée à Tim Miller de The Bulwark le 27 janvier, Walz a déclaré : « J'espère que Tom Homan est différent de Greg Bovino et de ces gens dans la rue qui ne sont que des amateurs, qu'il est un véritable professionnel de l'application de la loi. »

Le « professionnel de l'application de la loi » dont parle Walz est la même personne qui a été enregistrée en septembre 2024 en train d'accepter un pot-de-vin de 50 000 dollars de la part d'agents infiltrés du FBI en échange de la promesse d'aider à obtenir de futurs contrats gouvernementaux.

Walz a présenté l'occupation fédérale de Minneapolis comme un simple mauvais choix en matière de politique d'immigration, minimisant et occultant ainsi le caractère dictatorial de l'occupation, qui vise à établir une dictature présidentielle. Les attaques contre les immigrants ne sont que le fer de lance d'une campagne plus large visant à éliminer les droits démocratiques de tous ceux qui s'opposent à ce gouvernement de l'oligarchie financière, pour l'oligarchie financière.

Promettant une coopération accrue avec la police de l'immigration, Walz a déclaré : «Je pense que Tom Homan comprend que si l’on veut vraiment faire respecter les lois sur l'immigration, si l’on veut vraiment attraper les pires criminels, on doit coordonner ses efforts avec les autorités locales, coordonner avec notre BCA et arrêter ces personnes lorsqu'elles ne s'y attendent pas, au milieu de la nuit, sans tirer un seul coup de feu. Vous avez entendu le chef de la police dire que nous avons retiré 900 armes à feu des rues de Minneapolis l'année dernière sans tirer un seul coup de feu. Il en va de même pour mes policiers d'État. »

« Je pense que c'est une opportunité », a conclu Walz.

Quarante-huit heures plus tard, lors d'une conférence de presse retransmise jeudi matin par toutes les grandes chaînes de télévision, Homan a clairement indiqué que lui et l'administration reprochaient aux manifestants d'être responsables de leur propre mort et que des milliers d'agents fédéraux de l'immigration continueraient à opérer dans l'État dans un avenir prévisible.

« Je resterai jusqu'à ce que le problème soit résolu, mais nous avons fait beaucoup de progrès », a déclaré Homan.

Entre deux appels à « modérer le discours », Homan a à plusieurs reprises déshumanisé les immigrants en les qualifiant de « criminels étrangers en situation irrégulière » et a rendu les « agitateurs » responsables de leur propre mort.

Il a déclaré que les voyous du CBP et de l'ICE « sont des patriotes américains », « des mères et des pères », et « que Dieu les bénisse tous ». Dans le même temps, il a appelé à mettre fin aux « discours hostiles, aux menaces dangereuses et à la haine ».

Tom Homan, responsable de la sécurité frontalière à la Maison-Blanche, tient une conférence de presse devant Marcos Charles et Rodney Scott, au bâtiment fédéral Bishop Whipple, le jeudi 29 janvier 2026 à Minneapolis. [AP Photo/Julia Demaree Nikhinson]

« J'ai supplié pendant deux mois à la télévision pour que ces discours cessent. J'ai dit en mars que si ces discours ne cessaient pas, il y aurait des effusions de sang. Et c'est ce qui s'est passé. J'aurais préféré avoir tort. Je ne veux voir personne mourir, ni les agents, ni les membres de la communauté », a-t-il déclaré, avant d'ajouter de manière menaçante : « Ils ne sont pas la cible de nos opérations. »

Utilisant un langage que les responsables du gouvernement américain réservent généralement aux zones de guerre étrangères, Homan a évoqué l'épuisement des agents qui sont « sur le terrain » pendant des mois. Il a déclaré que les agents devaient « quitter le théâtre des opérations » après avoir mené des opérations d'enlèvement pendant des mois.

Soulignant la coopération entre l'administration Trump et les démocrates du Minnesota, Homan a ajouté qu'il avait « rencontré le gouverneur [Tim] Walz, le procureur général [Keith] Ellison, le maire [Jacob] Frey, de nombreux chefs de police et shérifs » et que « tout le monde s'accordait à dire que la sécurité publique était primordiale ». Nous étions tous d'accord sur le fait que l'US Immigration and Customs Enforcement est un organisme légitime chargé de l'application de la loi qui a le devoir de faire respecter les lois promulguées par le Congrès afin d'assurer la sécurité de cette communauté. »

Homan a révélé qu'il était parvenu à un accord avec les démocrates pour transférer des immigrants actuellement incarcérés dans les prisons : « Je suis également heureux d'annoncer que j'ai eu une très bonne réunion avec le procureur général Ellison et qu'il m'a précisé que les prisons de comté peuvent informer l'ICE des dates de libération des criminels représentant un risque pour la sécurité publique afin que l'ICE puisse les placer en détention dès leur sortie de prison. »

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